- Principaux Rois:

- Idriss I ( 788-792)

Descendant d'El Hassan Ben Ali, réchappe au massacre de sa famille à Fakh en 786, s'enfuit jusqu'au Caire et gagne la région de Fès et de Tanger. Il s'installe à Oualili (Volubilis) et se voit reconnaître le commandement et la direction du culte, de la guerre et des biens. Il meurt empoisonné en 792 à Oualili.

- Idriss II ( 803-829)

Fils posthume d'Idriss I, sa proclamation officielle se fait très tôt en 803, à l'âge de 11 ans. Il s'installa à Fès, mata une révolte à Tlemcen et réprima le kharijisme.

La capitale Fès fut édifiée, durant la régence d'Idriss II avant l'an 185 H (801 après J.C.), si on tient compte de deux arguments péremptoires: citation de l'an 185 H par Léon l'Africain, comme date de la frappe du premier dirham idrisside, dont un spécimen se trouve, aujourd'hui parmi les archives du Musée de Kharkov, en Russie.

Après sa mort, le royaume partagé entre ses fils, livré aux guerres civiles, a été convoité par les Omayyades d'Espagne et les Fatimides d'Ifriqiya.

Même après la dislocation du Royaume idrisside, les grands princes de la Dynastie continuèrent à fonder, du Nord au Sud, de petites capitales qui devaient, à l'envie de Fès "adopter peu à peu et répandre autour d'elles, les formes de la civilisation musulmane".

Les travaux hydrauliques, indispensables à toute prospérité agricole et à tout épanouissement citadin, "comptaient, dit H. TERRASSE, parmi les grandes oeuvres des dynasties musulmanes". L'ère idrisside semble, reconnaît encore H. TERRASSE, n'avoir été ni tyrannique ni épuisante pour le pays. "A la fin du Xème siècle, IBN HAOUQAL fit état de la richesse marocaine".

Une culture riche et variée, des pâturages gras, du cheptel abondant, tels furent les aspects essentiels de l'économie à cette époque où le Maroc connut, d'après les anciens géographes, l'aisance, la dignité et la paix. L'existence, ça et là, de quelques fermes isolées, la dispersion de la population marocaine indiquent, affirme H.TERRASSE, "que le pays jouissait d'une sécurité suffisante".

-Faits saillants:

Création du premier Makhzen

- Ainsi le premier royaume marocain édifié sous l'égide de l'Islam ayant comme capitale la ville de Fès, remonte à treize siècles.

- La Mosquée AL AKHAWAYN a été édifiée en l'an 245 H (857 après J.C.), par Oum El Banine de la Qayraouane (en Tunisie), dont le nombre des émigrants, installés à la ADWA de Qaraouyène, se monte à 300 familles (800 familles andalouses s'installèrent alors à la ADWA dite Andalous, après l'insurrection de Cordoue à la fin du IIème siècle de l'hégire).

AL AKHAWAYN n'est devenue une université, qu'au IVème siècle de l'hégire, ce qui incita GERBERT, devenu Pape en 999 après J.C., sous le nom de Sylvestre II à y étudier - selon maints historiens, dont Berque- les chiffres arabes, et à les exporter, pour la première fois, en Occident.

-          Vers la fin du Xème siècle commença la création de principautés diverses au Maroc.

• LES ALMORAVIDES (XIè - XIIè SIECLES)•

Berbères de la tribu des Sanhaja, originaires du Sahara marocain.

A l'avènement des Almoravides, le Maghreb présentait donc l'aspect d'un pays paisible, aux ressources abondantes et variées. Sous l'impulsion d'une idée musulmane, le fondateur de la dynastie ressouda l'unité des terres marocaines, développa un "sédentarisme" en créant de grandes villes, dont Marrakech; nouvelle capitale de l'Empire, cette cité, érigée à 30 km d'Aghmat, alors centre d'approvisionnement de tout le désert, n'empêcha nullement Fès, ancienne capitale, de bénéficier d'un regain de prospérité. Malgré les troubles que la révolution sanhajienne, devait naturellement susciter, le Maroc des Almoravides redevint rapidement dans la paix, dit M.H. TERRASSE, un Maroc prospère, riche. Les grands centres étaient déjà les foyers d'une civilisation, de teinte andalouse, dont la nouvelle dynastie fut la bienfaitrice par le large mécénat qu'elle exerçait autour d'elle. Dans l'espace de trois quarts de siècle, les frontières atteignirent la Castille et Alger, tandis que le prestige des Almoravides dépassait l'Occident pour aller rayonner jusqu'en Orient.

- Principaux Rois:

•Youssef Ben Tachfin (1060-1106)•

Roi à l'âge de 50 ans, installa vers 1060 une base d'opérations à l'Ouest de Tensift. Il prit Fès en 1063, Tlemcen en 1079, Oujda en 1081, Ténès et Oran en 1082. Vainqueur à Zalacca en 1086.

•Ali Ben Youssef (1106-1143)•

Né à Ceuta vers 1084, élevé au milieu de la culture andalouse. Désigné comme héritier présomptif dés 1103, il succéda à son père en 1106 à l'âge de 23 ans. Il poursuivit la politique de succès en Espagne: bataille d'Uclès (1108), reprit Tolède à partir de 1118-1119.

-Faits saillants:

- Un pouvoir qui contrôlait l'Afrique du Nord de l'Atlantique jusqu'à Alger

- Le pouvoir s'étendait jusqu'en Espagne suite à la bataille de Zallaca 1086.

- Ibn Toumert s'installe à Tinmel en 1125.

- Principale réalisation:

- Fondation de Marrakech: 1062.

•LES ALMOHADES (XIIè - XIIIè SIECLES)•

Berbères des tribus Masmouda, originaires du Haut Atlas (Tinmel).

Les Almohades ont procédé, dés le début, à une sorte de concentration, à base certes tribale, mais dégagée de tout particularisme.

"Ainsi, se réalisait, affirme R. MONTAGNE (dans les Berbères et le Makhzen, pp. 64-65), sous une forme entièrement originale, une nouvelle cristallisation des tribus en groupant les éléments les moins sûrs autour d'un noyau fidèle".

Même les Ghozz, d'origine étrangère, ont été intégrés dans chacune des tribus.

"Bientôt, l'Empire grandit, chacun prit sa place dans les cadres avec un ordre et une discipline qui nous paraissent unique dans l'histoire si instable et si troublée du Maghreb" (Ref. aussi aux Documents inédits d'Histoire Almohade. Trad. LEVI. PROVENCAL pp. 57, 71, 73).

"En réalisant pour la première fois, l'unité politique de l'Islam, des frontières de la Castille à la Tripolitaine, les Almohades contribuèrent à l'élaboration d'une sorte de syncrétisme de l'art musulman occidental" ( Ibid, t.I, p.305)

Principaux Rois:

•Abdel Moumen Ben Ali (1130-1163)•

Originaire de Goumia, localité du Nord-Ouest de Tlemcen, élève à Tlemcen, il

partit ensuite vers l'Orient et rencontra Ibn Toumert à Bougie. Il accéda au pouvoir en 1130, et fit la conquête des montagnes du Haut Atlas au Rif, prend Fès (1143-1144), Méknès, Salé, Tlemcen (1145), puis Marrakech (23 Mars 1147). En 1161, il franchit le Détroit, s'installa à Gibraltar et envoie des colonnes militaires en direction de Jaen. En 1162, il rentra au Maroc et mourut à Salé en préparant une nouvelle expédition vers l'Espagne.

"Chef de guerre et organisateur, il réalise pour la première fois dans l'histoire de l'Afrique du Nord, ce tour de force de tenir en sa main tout le pays de l'Atlantique à la Tripolitaine"

( Manuel d'Art Musulman, G. MARCAIS, t.I, p.296)

"Il n'est donc pas excessif de considérer Abdel Moumen, tout au moins à l'origine, comme le héros de l'unité nationale berbère."

(Les Almohades, MILLET, p.24)

•Abou Yacoub Youssef (1163-1184)•

Il prit le titre de Khalif en 1167. Esprit curieux et ouvert, il va apprécier la fréquentation des lettrés, et Ibn Tofail et Ibn Rochd vécurent à sa cour. Il entreprit la conquête de la partie orientale de l'Espagne musulmane et reprit la lutte contre les chrétiens.

En 1181, il engage une offensive en Evora.

En 1184, il fut mortellement blessé devant la ville portugaise de Santarem.

•Yacoub Al Mansour (1184-1199)•

Il regagne l'Espagne, prit Silves en 1191, défit complètement les chrétiens à Alarcos (Al Araq) le 10 juillet 1195. En 1187, il conduisit une expédition de grande ampleur en Ifriqiya, pris Alger et Bougie.

Une escadre navale de plus de 400 navires, d'après l'auteur d'El Anis, ne cessait de croiser entre Tunis, Oran et Alger, garantissant la sécurité de la côte.

Gibraltar, dont on réalisait déjà l'importance stratégique, était doté d'un puissant mécanisme de défense. La flotte almohade sera bientôt "la première de la Méditerranée", selon la propre expression d'A. JULIEN; ce qui incita SALADIN à requérir son concours, pour arrêter les expéditions chrétiennes sur la route de Syrie.

Le Maghreb s'érigea ainsi en leader du monde de l'Islam. Sa puissance, ses richesses, la réputation de son armée et de sa flotte lui valurent un prestige d'autant plus grand que les Musulmans du Caire et d'Alexandrie en arrivèrent à souhaiter, d'après l'Andalous Ibn Jobeir, un protectorat almohade.

Partout, dans l'Empire s'épanouissait une civilisation brillante, marquée d'une ampleur et d'une magnificence qui se reflétait dans la vie citadine et jusque dans le comportement rural. Dans l'architecture des grands monuments de Séville, de Rabat et de Marrakech, le souci de la qualité se doublait du sens de la grandeur. Des procédés nouveaux, empreints d'un mécanisme médiéval assez perfectionné, furent employés en matière de construction et de transport de matériaux lourds.

Un pont mobile identique, d'après la description faite par l'Istibsar, à celui édifié pendant la guerre entre Rabat et Salé, reliait déjà les deux villes. Il sera bientôt transformé en pont de "pierre et de bois", au dire d'EL MARRAKCHI, qui le décrivit plus tard.

Une Maqsoura (enceinte réservée au Khalifa dans la Mosquée ), construite à Marrakech, se déplaçait automatiquement grâce à des ressorts mécaniques. Elle aurait été au dire des chroniqueurs de l'époque, une véritable merveille, un colosse qui se mouvait par simple pression sur un bouton. De plus, la capitale était également dotée, à la même époque, d'un hôpital dont l'admirable fonctionnement fut assuré par un personnel qualifié.

-Faits saillants:

- Abdel Moumen réalisa pour la première fois l'unification politique de l'Afrique du Nord.

- Les Almohades lancèrent plusieurs expéditions en Espagne, dont celle lancée par Yacoub El Mansour qui aboutit à une victoire à Alarcos (Al Araq) en 1195.

- Principales réalisations

- Mosquée de Tinmel

- Rabat.

- La Giralda (Séville).

- La Koutoubiya:

- La tour Hassan: 1184-1197

•LES MERINIDES (XIIIè - XIVè siècles)•

Berbères des tribus Zénatas.

- Principaux Rois:

•Abou Youssef Yacoub (1258-1286)•

Son règne peut-être divisé en deux périodes:

- de 1258 à 1269:

il conquiert le Sud du Maroc et supplante définitivement les Almohades

- de 1269 à 1286:

il intervint quatre fois en Andalousie: 1275, 1277, 1282 et 1285.

•Abou Yacoub Youssef (1286-1307)•

Son action s'est exercée dans trois directions:

- En Espagne, une expédition a eu lieu en 1291

- A Tlemcen, il lança une série d'offensives contre Tlemcen 1288, conquiert les territoires abdelouadides: Oran 1300, Alger 1300-1302.

-Au Maroc, il dut faire face aux révoltes incessantes fomentées par des princes mérinides ou par les tribus arabes.

•Abou l'Hassan (1331-1351)•

Parlant du règne d'Abou l'Hassan, E. MERCIER dit: "Pour la première fois

depuis Abdel Moumen, l'Afrique septentrionale était en entier réunie sous le sceptre du même souverain" (Histoire de l'établissement des Arabes dans l'Afrique septentrionale, Constantine, 1875)

Le plus grand des souverains mérinides, il laissa un héritage architectural, religieux et culturel important (Mosquée, medersas). Il lança une campagne de 3 ans contre Tlemcen en 1334, pris Oujda et Alger, puis Tlemcen en 1337.

En 1347, il prit Biskra, le Mzab, le sud tunisien puis Tunis et soumit ainsi le royaume Hafside.

Entre 1348 et 1350, Abou Inane se révolte contre son père à Tlemcen et au Maroc,

Abou l'Hassan fut poursuivi dans le Haut Atlas par son fils, il mourut en 1351

•Abou Inane (1348-1358)•

Il voulait refaire la grandeur mérinide. Plusieurs de ses expéditions militaires réussirent. Il put reprendre Tlemcen, Constantine, Bône et Tunis. La décadence mérinide commença avec son assassinat par un de ses vizirs à l'âge de 29 ans.

•-Faits saillants•

- Les problèmes de succession apparurent dés le décès du deuxième souverain

(Abou Yacoub Youssef, 1307)

- Agitations intérieures continues.

- Les Mérinides ne réussirent pas à unifier l'Afrique du Nord à cause de la puissance Hafside en Ifriqiya et de la lutte des Abdel Ouadides à Tlemcen.

- En Espagne, échec dans la bataille de Las Navas de Tolosa (Al Iqab): 1212

- C'est l'époque d'Ibn Battouta et Ibn Khaldoun

•- Principales réalisations•

- Fès Jdid: 1248

- Chellah:

- Nombreuses Médersas:

- Attarine, Bou Inaniya à Fès:

- Bou Inaniya de Meknès:

- Monnaie mérinide.

Dans un double but économique et militaire, les Mérinides prenaient exceptionnellement soin des voies d'accès et de communication intérieures. Le Mérinide Youssef parcourut dans l'espace de 24 heures le trajet séparant Taza de Salé pour se porter au secours de cette dernière, occupée par les "Roums". C'est de cette époque que date le rempart ouest de Salé (Eddahakhira Essania, p.103). Les moyens de locomotion ne sembleraient pas précaires si on tenait compte du fait signalé par l'auteur de La Fleur des Myrtes, à savoir qu'un bassin de marbre blanc de 143 quintaux fut transporté par le Mérinide Abou l'Hassan d'Alméria à Larache et de là sur un char de bois jusqu'aux bords du Sebou, puis à Oued Fès et à la Médersa Sahrij (p.69).

D'après les statistiques et des tableaux comparatifs dressés par certains chroniqueurs de l'époque, comme Ibn Battouta, le pouvoir d'achat semble avoir été au Maroc le triple de ce qu'il fut, à la même époque, en Egypte. Mais on était loin du glorieux règne d'Abou l'Hassan qui "marqua, note A. JULIEN, l'apogée de la puissance mérinide" et qui fit du Sultan "le souverain le plus puissant du XIVème siècle".

Déjà, sous Abou Inane, le Maghreb traversait une crise financière qui mit en jeu l'existence même de la dynastie. Un grave renchérissement de la vie fit monter la valeur vénale d'un immeuble à Fès au chiffre exorbitant (pour l'époque) d'un millier de dinars or. Aux prises avec des difficultés multiples, le Sultan ne manqua pas, toutefois, de soulager la paysannerie défaillante, en lui distribuant gratis, au dire d'Ibn Battouta, de grandes superficies de terres et bêtes de trait.

•LA REGENCE DES BENI OUATTAS (XVè - XVIè Siècles)•

Berbères des tribus Zénatas, originaires du Sud de la Tripolitaine, ils prennent le pouvoir au moment de la vacance de la dynastie mérinide à laquelle ils lièrent leur destin.

-Principal Roi:

•Mohammed Ech-cheikh (1471-1504)•

Après le massacre des Ouattassides à Fès, il se réfugia dans le Rif et rassembla ses partisans, il prit Fès en 1472 et fonda la dynastie ouattasside. Son Makhzen, sa garde et son armée étaient arabes. Il écarta les chefs locaux trop puissants des hautes fonctions administratives, les remplaçant par des lettrés inconnus mais fidèles et se donna modestement le titre de "Cheikh".

-Faits saillants:

- Les Ouattassides n'ont pas réussi à rétablir la paix et l'unité.

- Chute de Grenade et perte de l'Espagne (1492).

- L'effort constant que le Maghreb devait soutenir, dans les domaines militaire et financier, ne sera pas sans influer profondément sur une économie de plus en plus déséquilibrée.

Seule l'élimination relative du danger ibérique par l'intervention énergique des Saâdiens imprimera à cette économie défaillante, un renouveau de prospérité.

- Pénétration portugaise: Ceuta 1415, Tanger 1471, Azemmour 1513, Mazagan (El Jadida) 1502, Safi 1481.

- Occupation espagnole des ports du Nord: Melilla 1497, Penon de Velez 1507.

- 1516: les Turcs maîtres d'Alger sont un danger pour le Maroc.

- Mouvement soufi et fondation des Zaouias pour la lutte contre les Portugais: Chadiliya et Qadiriya

- Morcellement du Maroc.

• LES SAADIENS (XVIè - XVIIè Siècles)•

Des chorfas arabes originaires du Draâ.

La Dynastie des Saâdiens héritait donc d'un Maroc profondément entamé par

l'influence néfaste de la Reconquista. Son avènement était l'aboutissement d'une violente réaction populaire contre l'occupation étrangère. Aussi, le premier Saâdien se hâta t-il de dégager Agadir et en même temps Safi et Azemmour, de l'emprise portugaise et de regrouper l'Empire désagrégé par l'intrusion d'éléments ibériques subversifs. En même temps, il réforma le système fiscal en instituant un impôt modeste, égal pour tous. Le chérif, qui ne voulait pas pressurer la masse, eut recours à certains monopoles, pour combler le déficit dû à l'insuffisance de la naiba. L'entretien d'une armée forte, nécessitait des dépenses énormes.

Déjà l'équilibre budgétaire se maintenait à peine, quelques décades plus tôt, malgré les larges revenus qui se montaient à 26 millions de francs (cours fin XIXème siècle). Mais la brillante victoire sur les Portugais, à la Bataille des Trois Rois, allait écarter le péril étranger et rehausser le prestige du Maroc en tant que grande puissance. En plus de l'or tiré du Soudan, les rançons portugaises drainèrent sur le Trésor marocain des richesses nouvelles. Certains pays européens, impressionnés par la puissance et la richesse du Maghreb, recherchèrent son amitié.

L'Empire fortuné était sur le point d'entrer dans le concert des puissances européennes, ne fût la mort subite du célèbre Abdelmalek, qui "parlait avec élégance l'espagnol, l'écrivait correctement et savait l'italien et le turc" (C.DE CHAVREBIERE).

D'autre part, la célèbre Bataille des Trois Rois qui, d'après lui, "ne fut, dans l'histoire du Maroc, comme celle du Portugal, qu'un épisode accidentel, sans précédent et sans suite" (tome II, p.189), ne manqua pas cependant de révolutionner l'histoire ibérique; car M. TERRASSE affirme en même temps, qu'à la suite de cette bataille, "les Portugais durent vivre sous le règne de l'Union ibérique, pendant soixante-deux ans, que cette perte momentanée de son indépendance marque une coupure dans l'histoire du Portugal, aux temps modernes"; qu'alors, "le Maroc fut considéré comme une grande puissance" ; que les cours européens entrèrent en relation avec lui et, parfois, recherchèrent son appui. Même si les Saâdiens ont surtout laissé leurs traces à Marrakech, leur art s'est retrouvé un peu partout dans le pays.

Vers la fin de leur règne les Saâdiens eurent à combattre contre l'invasion étrangère et durent, entre autres, céder Larache.