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La vie Religieuse
--------- Le grand nombre de mosquées, de zaouyas et de marabouts, qu’on rencontre à El-Qçar, témoigne de l’intensité de la vie religieuse dans le passé de cette ville. Les voyageurs du moyen âge, Léon l’Africain, Marmol, Osorio, remarquant, eux aussi, qu’il y a plusieurs mosquées à El-Qçar, Osorio dit même «il y avait eschole de philosophie et de sciences libérales, tellement que de toutes parts y arrivoyent gens pour étudier. Semblablement il y avoit un grand hospital où l’on pansoit plusieurs pauvres et malades tourmentez de diverses maladies».C’est le même hôpital dont nous parlent Léon et Marmol «hospital que Jacob Almansor fit bastir» dit ce dernier. Nous avons cherché précédemment à identifier cet hôpital avec la hâra en ruine, de nos jours. --------- Il existe encore un établissement de ce genre à El-Qçar mais bien tombé en désuétude, comme toutes les anciennes institutions religieuses d’ailleurs. On l’appelle Maristân Moulay Ait Boù R’âleb, dépendance du marabout de ce nom. Il reste encore deux chambres: une très grande au premier, pour les malades et une plus petite au rez-de-chaussée, pour les fous. On ne prend plus la peine d’y enfermer les aliénos. Il y a quelques années encore, les malheureux amenés là avaient les chaines aux piede, aux poignets et au cou, on les nourrissait suivant un régine très rudimentaire et on les traitait par des exoroismes. Aujourd’hui, la maison de fous et l’hopital sont tous deux déserts: on n’y rencontre plus que de pauvres gens vivant d’aumônes et persuadés qu’ils guériront par la seule influence du saint.--------- Le collège de philosophie et de sciences libèrales n’est autre que la medersa de Djâma el-Kebir, aujourd’hui ruinée, et dont la porte ornée encore de débris de faiences émaillées, se trouve murée au fond d’une impasse qui longe la grande mosquée et conduit au hammâm Sidy Mimoûn. Une inscription en relief sur marbre, déposée dans un coin de la grande mosquée et dont nous avons pu obtenir un estampage, attribue la fondation soit de ce collège, soit d’une de ses dépondances, au sultan mérinide Aboù Inân, arrière petit-fils d’Aboù Yoûsouf abd al-Haqq. La date ne s’y trouve pas, mais nous savons qu’Aboù Inân, né en 729 de l’hégire d’une mère cgrétienne qui s’appelait «Soleil du matin», régns peu de temps, de 752 à 759 (1351-1357), époque à laquelle il mourut.--------- Comme le montre la reproduction de l’estampage, toute la partie droite s’est trouve ébréchée, et quelques mots sont d’une lecture douleuse.--------- Cette inscription constitue une preuve matérielle de l’importance qu’avait la ville d’El-Qçar il y a cinq siècles.--------- Nous savons d’ailleurs que sa medersa eut, sous les Bent Ouallâs. Une heure de célébrité, lorsque le fameux fqih Sidy Mouhammad Al-Ouriagly Al-Qaçry y faisait un cours sur les quatre rites orthodoxes. Toutefois les Qaçryin actuels ne se souviennent pas l’avoir vue ouverte, mais ils ont conservé le souvenir de la bibliothèque de la grande mosquées, qui provenait très certainement de la médersa, et qui s’est trouvé dispersée dans ces dernières années.--------- Si la medersa de Djâma el-Kebir est depuis longtemps détruite, celle de Djâma as-Saida, beaucoup plus récente, n’a été désaffectée qu’à la fin du siècle dernier. Il y a dix ans, on y voyait encore 10 chambres, sur les 30 qu’elle renfermait jadis, avec quatre tolba qui ne touchaient plus rien des haboùs, mais qui vivaient du ma’roùf (ration quotidienne) donnée par les habitants du quartier, à tour de rôle. Aujourd’hui elle est presque démolie, la toiture n’existe plus: les murs seuls ont résisté à l’œuvre du temps, on les a même consolidés dernièrement pour empêcher les brigands djebaliens d’entrer par cette brèche dans la ville.--------- Les Tolba n’ont pas complètement déserté El-Qçar. On y rencontre encore quelques vieux savants possédant des livres et connaissant à peu près l’hagiologie et l’histoire de leur cité et un petit nombre de jeune Tolba, vivent dans une petite pièce ménagée dans un coin de chaque mosquée, pour l’école enfantine. Ils passent leur temps à lire le Qorân et à travailler à quelque métier pour gagner leur vie, car la coutume du ma’roùf se perd rapidement, chez une population aussi misérable. Les Tolba élisent un moqaddem qui prend l’initiative des réunions et représente le corps des étudiants devant le khalifa, il est exempt d’impôts. Dans les cérémonie, les réceptions de gouverneurs ou les fêtes religieuses, les tolba marchent en cortège moqaddem en tête. C’est le seul vestige existant à El-Qçar d’une organisation universitaire qui a dû être brillante.--------- Les établissements religieux appartiennent en grande majorité aux haboùs et sont administrés par le nàdher, qui pourvoit à peine à leur entretien. Quelques zâouyas et marabouts seulement échappent à sa gérance, l’administration de ces sanctuaires restant confiée à la famille du personnage enseveli dans le mausolée. Trois mosquée sont consacrées à la khotba. C’est-à-dire qu’on y fait le prône au bàlon le vendredi, elles ont une organisation complète, un imàm, un khatib (prédicateur) et des mouâdhdhin (crieurs). Leurs minarets sont surmontés d’un alam, drapeau blanc qu’on hisse au lever du soleil et qu’on a même au maghrib. Souvent lorsqu’une femme éprouve quelque peine à accoucher, ou prend sa sebnya(foulard de tête) et on la hisse sur le minaret d’une des trois mosquées de Khotba, à la place de l’alam, on peut aussi remplacer la sebnya par une petite planchette sur laquelle un tâleb a écrit quelque formule magique.--------- Outre ces trois édifices, il y a encore une trentaine de mosquées ordinaires, où on fait les prières quotidiennes, mais l’on celle du vendredi, plusieurs de ces mosquées sont complètement ruinées. En général, elles renferment des tombeaux de saints.--------- Parmi ces mosquées de second ordre, il en est qui tirent une importance particulière du fait qu’on y joue la r’aita (clarinette) et le nefir (trompette), pendant le ramadàn. Ces sonneries ont lieu le 1er jour, lorsque la lune apparaît et chaque soir, une demi-heure après l’acha c’est ce qu’on appelle l’ichfa, puis, au milieu de la nuit, sept fois de suite, pour préparer le goûter nocturne, et à la fin de la nuit, al-qtà. En outre, au milieu de la nuit, le tambour part d’une de ces mosquées et passe dans les rues de la ville pour réveiller les musulmans.--------- Dans les trois paragraphes qui suivent, nous rassemblons les renseignements que nous avons pu recueillir sur chacun des édifices religieux de ces trois catégories: mosquées, zâouyas et marabouts. Un grand nombre de ces derniers ne nous ont laissé que des noms propres, auxquels ne se rattache aucun souvenir ni aucune légende dans le pays. Nous les nommons pour mémoire.Mosquées جامع الكبير Djàma el-Kebir (Grande Mosquée).--------- Au quartier de Bâb el-Oued, près de la porte Bâb el-Khanzira, C’est un édifice carré de 50 mètres environ, avec plusieurs annexes: la bait al-guenâiz, où on la lave ports, au sud-est, et qui serait ornée, au dire des habitants d’une colonnade antique, la medersa à l’est, dont en venons de parler, et au nord-est, le bain de Sidy Mimoun. Nous avons décrit le minaret carré.--------- Aucune iscription commémorative de la fondation de mosquée ne nous a été signalée et aucun auteur parle, mais elle n’est cortainement pas antérieure à Jacob al-Mançour qui fit d’importants travaux à El-qçar: déclaret seul serait plus ancien.--------- La mosquée, administrée par le nâdher, a un imâm qui fait les fonctions de Khatib (prédicateur), quatre moadhin et un mouqit qui règle les pendules est venue, en frappe sa coup à la porte du minaret.--------- Les haboùs de la ville sont réunis à ceux de la mosquée.جامع السعيدة Djâma as-Sa’ida (La mosquée heureuse)--------- Mosquée de Khotba, au quartier de Chari’a. Elle fut terminée, dit-on, le jour de l’entrée des musulmans à Al-Arâich en 1689 (le 10novembre), c’est pourquoi on l’appelle «la mosquée heureuse». Construite sur un plan très simple, avec une vaste nef de 30 mètres de côté recouverte d’un toit de tuiles vernissées, et un haut minaret carré en briques de couleur sombre, elle n’offre rien de particulièrement intéressant. Son personnel comprend un imâm, un Khatib, et un moûadhdhin pour chaque prière du jour.جامع سيدي لازميري Djâma Sidy Al-Azmîry--------- Mosquée de Khotba, au quartier de Bâb el-Oued. Elle aurait été construite, à une époque assez ancienne par un natif de Smyrne, d’où son nom Al-Azmiry, mais on ne connaît rien sur se personnage qui n’y est pas enterré, car en n’y voit aucun tombeau. Il y a quarante ans, la mosquée fut entièrement restaurée par la famille des R’rablyin dont un nombre était nâdher intérimaire. L’ancien édifice n’ayant pas de minaret, la famille algérienne des Odda en fit élever un à ses frais. Depuis cette époque, les R’rablyin en ont coinservé l’administration et le service, circonstance qui en fait une mosquée aristocratique, l’imam est Si Al-Arby al R’rably, adel et souvent Khalifa du qâdy, mais il est payé par le nâdher sur les haboùs.جامع الزليج Djâma es-Zelije (azulejo)--------- A Bâb el-Oued, rue du Diwân, petite mosquée ruinée avec un minaret reconstruit récement. Son nom d’azulejo indique qu’elle devait être recouverte autrefois de revêtements on de pavages en mosaique, mais aucune raison apparente ne justifie cette hypothèse et les habitans ignorent aussi bien l’origine de cette appellation que celle de la mosquée elle-même. On y remarque le tombeau de Sidy Yoùsouf Az-Zallàadj (le mosaiste) sans doute l’ouvrier qui décora la mosquée. Une petite école de Qorân est annexée à l’établissement. Fréquenté aussi par des tolba hazzàba (qui récitent le hizb chaque soir) La Djâma ez-Zelije est un mosquée où la r’aita et le nefir se font entendre pendant le ramadân.جامع المجول Djâma Al-Mejoûl--------- A Ghari’a, fondée et administrée par la famille des Mejoùlyin dont nous parlerons plus loin. Sa construction est récente, mais le marabout auquel elle est consacrée est enseveli de l’autre côté de la rue, c’est Sidy Mouhammad Al-Mejoùly, qui arriva à El-Qçar vers le Xe siècle de l’hégire, venant du Soùs. Son descendant Si Mouhammad Ould Oukhay, habitant EL-Qçar, conserve encore une de ses babouches: lorsqu’une femme de la haute société éprouve quelque difficulté à accoucher, on lui frappe sur le ventre avec cette babouche, moyennant un cadeau offert au Mejoùly. Bien que cette mosquée soit insignifiante, on y lit à la fête du Moùloùd la prière appelée Moûloùdya, comme dans les mosquées de khotba. Les haboùs de la mosquée sont administrés par la famille des Mejoùlyin.جامع اجزيري Djâma Al-Djaziry--------- A Chari’a, hors de la ville. Cette petite mosquée, ornée d’un joli minaret, est ruinée en partie, elle a été construite, à une époque que nous n’avons pu déterminer, mais qui est assez ancienne, par un Algérien qui n’y est pas enseveli. Un certain nombre de tolba s’y réunissent pour coudre des djellàba, en alternant avec des lectures qorâmiques: ce sont eux qui cousent toutes les djellâba de laine blanche vendues à El-Qçar.جامع سيدي محمد الشريف Djâma Sidy Mouhammad Ach-Chérif--------- Près du Soùq aç-çar’ir, petite mosquée surmontée d’un minaret hexagonal et dont le bait al-mà, salle des ablutions, est séparé par la rue de l’édifice principal. Elle renferme le tombeau de Sidy Mouhammad Al-Achqiloùly, gouverneur d’El-Qçar, de la famille des Bent-Achqiloùly, qui mourut vers la fin de la dynastie des Mérinides.
جامع الفقيه بوفنار Djâma el-fqih Boù Fenàr
--------- Au quartier de Meteimar près des Mejoûlyin (Chari’a). C’était anciennement la mosquée de Sidy Mouhammad Al-Fadaly Al-R’arbaouy, personnage sur lequel nous n’avons aucun renseignement. Il y a une vingtaine d’années, le fqih Si Tayyib Boù Fenâr (la père lanterne), qui y professait, la fit rebâtir presque entièrement et l’embellit d’une qoubba, aussi est-elle connue sous le nom de zâouya ou mosquée de Boù Fenâr, bien que celui, par modestie, n’ait pas voulu qu’on l’y ensevelit après sa mort, survenue il y a quelques années seulement.--------- Cette mosquée n’a ni minaret, ni imâm, ni moùadhdhin: la prière est dite par le fqih qui dirige l’école. Boù Fenâr est connu comme un marabout sévère, devant qui il est imprudent de faire de aux serments.
جامع سيدي أحمد بن منصور Djâma Sidy Ahmed ben Mançour
--------- Au quartier d’El-Héry (Chari’a). Cette mosquée, une des plus anciennes de la ville, dit-on, existait anciennement sous le nom de Djâma el Héry, il y a soixente ans environ, on y enterra Sidy Ahmed ben Mançour, ouvrier tisserand travaillant avec Sidy Mouhammad Al-Qoujeiry, dans un atelier aujourd’hui ruiné, au-dehors de la Bâb Sebta, à peu de distance de la mosquée. La mosquée elle-même tombe en ruine et l’aile qui abrite le tombeau est enclavée dans une maison contigue. Les moùadhdhin sont les tolba du msid situé à la porte: l’un d’eux tient une école de Qoràn pour les enfants du quartier, moyennant 10 centimes par semaine. Nous y avons vu une petite bibliothèque.
جامع الجبارية Djâma al-Djabàrya
--------- A Bâb el-Oued, près de la prison. Petite mosquée surmontée d’un minaret très bas, entretenue par les Djabàryin, famille de tolba établie à El-Qçar et prétendant appartenir à la famille de Lalla Fatma bent Ahmed Al-Djabârya, ensevelie dans cet édifice. Cette femme était originaire des Oulad ben Cheknân, subdivision des Djabâra, qui sont eux-mêmes fraction des Khâmes. L’arrivée des Djabâryin actuels, originaires aussi de la tribu des Khâmes, fraction des Djebâra ou Beni Djebâr, serait postérieure à l’existence de Lalla Fatma, et on doute qu’ils appartiennent même à la branche des Beni Cheknân. En 1080 de l’hégire, Ibn Rahmoùn affirmait que les Djabâryin, fussent-ils Oulad Cheknân, n’étaient pas chorfa et que leurs prétentions à cette qualité n’étaient justifiées par aucun tutre.
جامع الهداجي Djâma al-Haddàjy
--------- Au quartier de Mers. Cette grande et ancienne mosquée n’a pas de minaret et sa qoubba est détruite. On y remarque le tombeau de Sidy Ahmed Al-Haddâdji, d’une ancienne famille d’El-Qçar, les Oulad Al-Haddâdjy, on ignore la date de sa mort. Chaque année a lieu une amara, fête commémorative, dont la date et les détails sont régles par les habotants du quartier d’El-Mers. Le tombeau de la sainte Lalla Slima se trouve à proximité.
جامع الحمراء Djâma al-Hamrâ
--------- A chari’a, hors de la ville, un peu au sud de la mosquée Djaziry. Petite mosquée ruinée, centre autrefois du quartier mal famé de Djâma al-Hamrâ. On y remarque le tombeau de Lalla Aicha al-Khadrâ, sainte très vénérée et qui inspire à ceux qui prêtent serment sur ses cendres une crainte salutaire. Chaque année a lieu la amara de la sainte, à la date fixée par les gens du quartier, sur la convocation du moqaddem du tombeau, le fou Ben Châb.--------- Au cours de cette fête, on fait des sacrifices et on dépose des zyârât Lalla Aich était brune de peau, aussi l’appelait-on al-Hamrà (la brune), d’ou le nom donné à la mosquée, ce surnom ayant paru peu convenable, on lui aurait substitué celui d’al-Khadrà (la verte). On dit aussi qu’elle s’habillait de vert.
جامع ابن رحمون Djâma Ben Rahmoùn
--------- A Bâb el-Oued, entre Bâb al-Khabbâz et Dâr R’ailân. Petite mosquée à minaret, contenant le tombeau de Sidy Mouhammad ben Rahmoùn, chérif alamy, parent sans doute d’Al-Touhàmy ben Ahmed ben Mouhammad ben Rahmoùn, auteur de la Généalogie des chorfa idrisides, établie sur l’ordre de Moulay Isma’il.
جامع الهاني Djâma Al-Hâny
--------- Rue des Nyârin, près du quartier d’El-Mers (Chari’a) On y trouve le tombeau du Sidy Yoùnous, chérif alamy sur lequel nous n’avons aucun renseignement.
سيدي عبدالجليل القصري Djâma SidyAbd al-Djàlil Al-Qaçry
--------- A Bâb el-Oued, Darb al-Oulouje. Petite mosquée sans minaret, contenant le tombeau de Sidy Abd al-Djalil ben Moùsa ben abd al-Djalil, originaire de Tamesna et mort à El-Qçar à la fin du VIe siècle de l’hégire, après avoir été l’élève de Moulay Ali Boù R’aleb. La mosquée a comme haboùs une petite maison contigue, les fonctions d’imâm sont remplies par un membre de la famille des Djabâryin.
جامع الكتانين Djâma al-Ketanin
--------- A Bâb el-Oued, en façe de la zaoùya de Sidy Ahmed Al-Fàsy, mosquée récente sans tombeau, destinée aux habitants du quartier des Kattânin (fileurs de lin).
جامع سيدي الخطيب Djâma Sidy Al-Khatib
--------- A Bâb el-Oued, Darb al-Khatib. Cette vieille mosquée, sans qoubba ni minaret, est appelée aussi Djâma Saba ridjal (mosquée de sept hommes) à cause de sept tombeaux qui s’y trouvent et qu’on suppose apparteneir à la famille Achqiloùla. Sidy Mouhammad Al-Khatib (ben Achqiloùla ?) était professeur de Sidy Yoùsouf Al-Fâsy.--------- On prétend qu’une tombe de cette mosquée serait celle de Sidy Ali El-Meçbahy, père de Sidy Zobeir enterré à 9auma’t el-Meguerja, ce qui paraît inexact. L’arrivée des Meçbâhites à El-Qçar semble en effet entérieure au Xe siècle de l’hégire, date à laquelle aurait vécu Al-Khatib, professeur d’Al-Fàsy, contemporain de Sidy abd ar-Rahmân Al-Madjdoùb. Il existe encore à El-Qçar une famille Al-Khatib dont l’affiliation avec les Beni Achqiloùla n’est pas certaine.
جامع سيدي قاسم بن زبير Djâma Sidy Qâsem ben Zobeir
--------- A Bâb el-Oued, dans la Darb Smen. Petite mosquée sans minaret, vis-à-vis du mausolée de Sidy Qâsem ben Zobeir, mort à El-Qçar au IXe siècle de l’hégire. Ce personnage fut le premier Meçbâhite qui s’installa dans cette ville. Il était le père de Sidy Aisa ben Qâsem dont le tombeau est en haut du Minzah. Son père, Sidy Zobeir ben Ali Ben Taifour surnommé Ben Talha, est enseveli près de Moulay Boù Selhâm, entre Al-Mardja az-zarqa et Ain Tisnat, dans un mausolée, entre surmonté d’un minaret décapité qui a fait donner au tombeau le nombre de Al-çanma’i al-Meguerja (le minaret égorgé). Dans le tombeau de Sidy Qâsem ben Zobeir, situé dans la Darb Smen à El-Qçar, se trouve, attachée à la clef de voùte, une chaine de fer soutenant une lampe. Cette chaine a une légende.Un musulman d’El-Qçar, qu’on suppose être originaire des Oulad Maurar, ayant été fait prisonnier par les chrétiens, fut délivré de captivité lors de la reprise d’Acila (ou d’Al-Arâich) par les Rifains en 1691. Il rapporta à El-Qçar la châine dont les chrétiens l’avaient chargé et suspendit dans la qoubba de Sidy Qâsem Ben Zobeir, où on la montre encore. Ses descendants ont continué à porter le nom de Moro que lui avaient donné les Chrétiens à Acila. On les appelle Oulad Moro, il en existe encore à El-Qçar, réunis autour d’un chef appelé Si abd as-Salàm More. Ils étaient autrefois sellàlin, près de Sidy Al-Hàdj Ahmed Tlamsâny.
جامع سيدي علي بن العربي Djâma Sidy Ali ben Arby
--------- A Bâb el-Oued (Kattànin). Petite mosquée surmontée d’un minaret bas et hexagonal, et renfermant le tombeau de Sidy Ali ben Al-Arby Al-Khairy mort au XIe siècle de l’hégire. La famille Khairy, une des plus anciennes d’El-Qçar, est aujourd’hui éteinte. Pendant le mois de ramadân, la clarinette joue seule dans cette mosquée.
جامع السوق Djâma as-Soùq (mosquée du marché)
--------- Au soùq, à côté du fondaq Al-Awwâd. Elle était appelé autrefois «Mosquée des Oulad Meçbah», puis elle fut transformée en zàouya des Aissaoua, et enfin rendue à la prière quotidienne, avec un imàm et des moùadhdhin.
جامع السويقة Djâma as-Souaîqa (du petit marché)
--------- Au coin du Souaiqa et de la rue des Nyârin (Chari’a), et le posède en minaret et une école quoranique.
جامع سيدي يعقوب الدادسي Djâma sidy Ya’qoùb Al-Dadisy
--------- Hors de la ville, en haut des Qachachàchin (Chari’a), petite mosquée ornée d’une qoubba, d’un grand minaret carré et d’une école de Qorân. Elle est signalée de très loin par un bouquet de dattiers, sur lesquels les adeptes de la zâouya de Sidy Boùnoù se livrent à leurs exercices rituels. La mosquée est placé sous l’invocation de Sidy Ya’qoùb de Dàdes, qui n’y est pas enterré.
جامع بوحديد Djâma Bou Hadid
--------- A Bâb el-Oued, hors de la ville, près des Haddâdin (forgerons): elle sert de zâouya aux Hamâdcha, forgerons pour la plupart. Le chérif hamdouchy sont gérés par le nâdher de la zâouya de Sidy Ali bel Hamdoûch, du village de Hamdânech dans la tribu d’Ahl Serif.
جامع البنات Djâma al-Benât (mosquée des filles)
--------- A Bâb el-Oued, auprès de Dâr Dabbàr. Cette mosquée, entièrement ruinée, à l’exception du minaret qui reste seul debout, était autrefois une grande medersa pour les jeunes filles. Elle s’étendait par derrière jusqu’au quartier des Benàtyin: peut-être y a-t-il un rapprochement à faire entre ces deux noms. La mosquée-zâouya de Sidy Ali Fendrero, disciple de Moulay Ali Boù R’aleb, était contigue à cette des Benât. Elle est aujourd’hui en ruine.
جامع سيدي علي أحنصال Djâma Sidy Ali Ahounçâl
--------- Hors de la ville, à l’est du quartier de Bâb el-Oued, dans le jardin du qâdi Bel-Herredya. C’était autrefois une mosquée de Khotba, contruite sur le tombeau de Sidy Ali Ahounçal, originaire des Oulad Ahounçal d’Andalousie, mort à El-Qçar, antérieurement à Moulay Ali Boû R’aleb.
جامع الغرباء Djâma al-R’orba (mosquée des étrangers)
--------- Près du marabout de Sidy Qàsem Al-Audjery à Bâb el-Oued. Elle est complétement ruinée et un juif achève de l’abattre, l’ayant achetée à la mort de son propriétaire.
جامع سيدي سعيد السيبري Djâma Sidy As-Saibary
--------- Mosquée et minaret en ruine à Bâb el-Oued, elle est très ancienne et on ne sait rien de personnage dont elle porte le nom. Elle était autrefois propriétaire des plus riches haboùs d’El-Qçar.
جامع أبي الردى Djâma Aboù ar-Rida
--------- A Bâb El-Ouad, entre le tombeau de Lalla Fatma Al-Andaloùsya et la Grande Mosquée de medersa de même nom était contigue à la mosquée, aujourd’hui mosquée et medersa sont disparues: le minaret seul est resté, en très mauvais état, dans un jardin appartenant aux Oulad Boù Ahmed.
جامع سيدي عبدالله المصباحي Djâma Sidy Abdallah Al-Meçbàhy
--------- Petite mosquée en ruine, sans qoubba ni minaret, entre la Bâb Diwân et la prison.--------- Aux Fakhkhârin, à l’extérieur de Bâb el-Qoûz. On ne distingue plus qu’on mihràb en ruine et la base des murs de briques, le tout occupant un carré de 6 métres de côté. |