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Description Topographique
-------- Etalée au milieu d’une veste plaine, que ferment, à l’Est seulement, des collines abruptes: le Djebel Drisa, couvert de douars et d’oliviers et, plus loin vers l’Orient, le piton du Djebel çaçar, El-Qçar el kebir se présente au voyageur venant de Tanger comme une oasis de verdure, au sortir du territoire dénudé où vit la tribu de Khlot. Une ceinture de jardins clos de murs en briques rouges, de vergers d’oliviers, d’orangers et de grenadiers, donne au premier abord, à la petite ville, un air de gaieté et de prospérité. Mais l’impression favorable cesse, dès qu’on pénètre à travers le réseau de rues étroites, tortueuses et malpropres. La réalité du présent ne justifie plus le nom de Grand Château «el-Qçar el-Kebir», souvenir d’un passé glorieux.-------- Déchue en effet de son ancienne splendeur, détruite en partie par les guerres civiles, en partie par les inondations de l’Oued, El-Qçar n’est plus d’une petite ville misérable, de sept à huit mille habitants. Elle est située sur la rive droite du louqqoç. Qui porte à cet endroit le nom d’Oued el Djedid (nouvelle rivière). Un ruisseau, issu de la source d’Ain Magouz, à l’Est de la ville, la coupe en son milieu. Il est connu sous le nom de Khandaq al-Hacça, et passe sous une voûte, au Soûq, pour se jeter dans le fleuve près du gué d’Oued el-Djedid. C’est ce ruisseau dont les inondations détruisent lentement les édifices qui bordent le Soûq. Torrent l’hiver, à sec l’été, il est soumis au même régime que ses voisins le Taraout, sur la rive droite, en amont de la ville, et l’Oued Mkhazen, en aval sur la même rive, dans lequel le Ouarour se déverse, à travers l’étang (mardja) de Sidy Salâma.-------- La ville actuelle est nettement divisée en deux emplacements, de forme allongée, représentant en quelque sorte deux villes: Ach-Chariaa (la ville légale,la ville des gens de loi), au nord, et Bâb el-Oued (la porte du fleuve) au sud, séparées par un marché, As-Soûq.-------- La route de Tanger à Fès débouche au sanctuaire de Moulay Ali Boû Kâleb, patron d’El-Qçar, contourne la ville en longeant le Minzah (Le mot minzah indique un lieu de promonade large, découvert et un peu élevé, d’où on jouit d’une belle vie A EL-Qçar, le minzah est le champ de bataille où Ahmed Rify périt sous les coups de Moulay Abdallah, aussi y trouve-t-on de nombreuses tombes de combattants, qui en font une véritable nécropole). Eminence couverte de tombes musulmanes, pour tourner au sud-est jusqu’au Louqqoç, qu’elle traverse au gué des Banâtyin où se trouve le bac. On entre dans le centre de la ville en suivant la longue chaussée pavée qui part de Moulay Ali boù R’leb, passe devant la villa de Moulay L’Arby al-Ouazzâny, pour se diriger vers le Soûq, où elle débouche prés du marabout de Sidy Al-Hâdj Ahmed at-Talamsâny.-------- Trois autres routes conduisent directement dans le quartier d’Ach-Chari’a. La première aboutissant au Mers dieu où se trouvent des silos), laisse à gauche le quartier d’El-Hery (l’aire) et la mosquée de Sidy Al-Mançour, et pénètre dans la ville (quartier d’El-Mers) par Bâb Sebta, la porte de Ceuta.-------- La deuxième, à l’Est également, passe près du marabout de Sidy Ali ben Freha, patron des laboureurs, puis devant la Hâra, qui serait une ancienne léproserie ruinée. Arrivée à une pierre dite hadjra al-Mauqaf (où on attend debout), elle se partage en deux branches: l’une, à gauche, entre dans la ville par Bâb al-Mejoûlyin, traverse le quartier du même nom, puis celui d’Al-Meteimar (les silos), passe devant les mosquées de Djâmaa al-Djaziry et Djâmaa al-Hamrâ, et arrive au Soûq: l’autre, entre tout droit dans la ville, par Bâb Djâmaa as-saida (la porte de la mosquée heureuse), derriére laquelle se trouve la zâouya des Touhâma d’Ouazzân. Laissant ensuite, à gauche, la médersa en ruine qui borde la place, elle continue, à droite, en longeant la mosquée, et après avoir traversé le quartier de Djâma as-Saida parvient au Mers.-------- Le Mers est une vaste place où on voit encore les traces des anciens silos du Makhzen, aujourd’hui comblés. C’est un ancien horm des Oulad baqqâl. Adroite de cette place se trouvent le quartier et le tombeau de Sidy Mouhammad Al-Qoujeiry, en face la Zâouya des Qnâtra, consacrée au célèbre marabout Sidy abd ar-Rahmân Al-Madjdoûb.-------- Trois rues principales partent du Mers. L’une d’elles, à droite, passe devant la zâouya des Tidjânyin, la mosquée de Sidy Ya’qoûb, très pittoresque avec son vieux minaret carré et ses palmiers, prend le nom d’Al-Qachchâchin (les marchands de poteries), et arrive au Soûq. Agauche, la rue des Nyârin (fabricants de peignes pour métiers à tisser) traverse le quartier de cenom, arrive à la petite place dite As-Souaiqa (le petit marché) où se trouvent une mosquée, une Zâouya de Moulay Abd al Qâder Al Djilâny et le tombeau de Sidy Mouhammad Chérif; elle sort ensuite de la ville par Bâb as-Souaiqa, et au bout d’une centaine de mètres, débouche au Soûq, qui sépare les deux fractions de la ville. Une troisième rue, à gauche encore, appelée Darb Sidy Sliman (du nom du sanctuaire de Sidy Slimân ben abd al-Ouahâb, à l’angle que forment cette rue, celle des Nyârin et la place du Mers), se dirige vers l’Est, perpendiculairement au Nyârin, et va rejoindre les Mejoûlyin, entre la zâouya de Sidi Boû Fanâr et le tombeau de Sidy Mouhammad Al-Mejoûl.-------- La troisième route enfin, contourne le quartier d’Achchariaa, sur la gauche, traverse l’enceinte en ruine de la ville, passe sur un pont de briques, l’ancien lit de la rivière, au lieu dit Al-Merina, près du marabout de Sidy Makhloûf, et là, se partage en deux chemins: L’un va au Soûq en passant près du tombeau de Sidy Bou Hâmed, l’ancien patron de la ville avant Moulay Ali Boû R’âleb. L’autre, longe extérierement le quartier de Bâb el Oued et va rejoindre la route de Fès près de la tannerie (Dâr Dabbâr).-------- Le Soûq, qui sépare Ach-Chariaa, de Bâb el oued, est une place longue et irrégulière, sous laquelle passe, couvert d’une voûte, l’ancien lit du fleuve Louqqoç.-------- On y trouve plusieurs fondaqs, les charpentiers (nadjdjârin), les naotiares (adoul), les armuriers (zanâdya et sraîrya) et des cafés indigènes. Le milieu du marché est occupé par des marchands de pain (khabbâzât), des marchandes de fruits et de légumes.-------- Sur la guache, se détache une route qui, après avoir passé devant la zâouya des Aissaoua, devant Bâb al-khabbâz et devant un moulin à vapeur, propriété d’un Espagnol, va rejoindre l’artère principale près de Dâr R’ailân, palais ruiné du célèbre qâid Al-Khidr R’ailân.-------- Sur la droite, une autre route contourne également Bâb el-Oued, passe devant les Tarrâfin (savetiers), les Guezzârin (bouchers), les Barrâdyin (fabricants de bâts). Laissant à droite le marché au beurre, le pont des bouchers, le marché aux grains et le fondaq al Qâ’a, où se vend l’huile, elle traverse les Haddâdin (forgerons) et les sammârin (maréchaux-ferrants) pour tourner à gauche, jusqu’à la zâouya des Hamâdcha. Elle passe ensuite devant un moulin à vapeur appartenant à un Anglais d’Al-Arâich, laisse à droite le quartier mal famé des Mzebla, le tombeau de Lalla Fatma Al-andaloûsya (sœur de Moulay Ali Boû R’âleb) et va rejoindre à Dâr Dabbâr la route de Fès. En face de Lalla Fatma Al-Andaloûsya, une petite route, conduit à droite au cimetiére israélite et au gué des Banâtyin, où se trouve le bac qui sert à traverser le Louqqoç en hiver.-------- Du Soûq, trois portes donnent accès à Bâb el-Oued: àdroite, Bâb al-Khattaîn, par laquelle on entre aux marchés aux haiks et aux babouches, à gauche, Bâb al-Attârin al-Bâlya et Bâb al-Attârin al-djadida, conduisent commeleur nom l’îndique, au bazar des épiciers (marchands de parfums) En face de la porte Al-Khattaîn, se trouve la mosquée de Sidy l’Azmiry (le Sinyrniote). Une rue qui se détache à droite, traverse les chataoutya (fabricants de tamis) et les quartiers d’Al-Tabi’a et d’Al-Kattânyin, passe devant le sanctua^re de Sidy Qâsem bel-Zobeir al-Miçbahy et la mosquée de Sidy Mouhammad ben Al-Arby, et arrive au Soûq aç-çar’ir, devant la grande Mosquée. En continuant à droite et en contournant le côté guache de la grande Mosquée, on sort de la ville par Bâb al-Khanzira (On ignore l’origine de ce nom étrange; peut-être y avait de ce côté quelque dépotoir) (la porte immonde), d’où on rejoint la route de Fès à Dâr Dabbâr. Si au contraire, on tourne à guache, en quittant le Soûq aç-çar’â, on débouche sur la route de Fès par une petite place où s’élèvent, d’un côté, le tombeau de Sidy abdallah Al-Kniksy et de l’autre, Dâr R’ailân.-------- Les deux autres portes du Soûq, s’ouvrent sur le bazar des épiciers, dont les deux tronçcons se réunissent, à cinquante mètres plus loin, en une seule rue. Celle-ci se prolonge, toujours sous le nom d’Al-attârin, jusqu’à la mosquée de Sidy l’Azmiry. Elle devient ensuite la qaisarya (bazar des étoffes), passe devant le fondaq du sultan, le principal centre commercial de la ville, et sous le nom d’Ad-Diwân, devant Djâma az-Zelij et devant la prison. Vis à-vis de la prison se trouve l’entrée de l’ancien Mellâh.-------- Depuis longtemps, le Mellâh d’El-Qçar a débordé, et les musulmans, les juifs et les Européens vivent côte à côte dans la partie est de Bâb el-Oued, L’agence consulaire de France, seule est isolée au milieu du district musulman d’Ach-Chari’a, dans le quartier d’El-Hery.-------- Sortie de la ville par Bâb as-Sidjin (la porte de la prison), la route continue vers le Sud en passant sur la petite place de Sidy abdallah Al-Kniksy, devant la zâouya de Moulay abd al-Qâder al-Djilâny, devant Sidy Sa’îd Az-Zeibry et arrive à Dâr Dabbâr. Là, elle se transforme en une large chaussée pavée qui conduit, au milieu des jardins. A la rivière Louqqoç, au machra (gué) de l’Oued el djedid. C’est la grande route de Fès.-------- Bâb el-Oued et Ach-Chari’a sont plutôt deux arrondissements que deux quartiers, car chacun se divise en un certain nombre de quartiers (hauma), qui ont leurs places (gârd). Leurs mosquées, leurs gardiens, et sont séparés les uns des autres par des portes, Ach-Char’a comprend neuf quartiers: Hery, Mers, Sidy Mouhammad Al-Qoujeiry, Mjoùlyin, Nyàrin, Souaiqa, Djâma al-Hamrâ, Qachchâchin, Meteimar, Bâb el-Oued en renferme douze: les Soûq, chtaoutéya,, Diwan, Nemar, Darb al-Mestary, Soûq aç-çar’ir, Djamâ al-Kebir, Mellâh.-------- Mais cette division en quartiers ne répond plus à aucune organisation municipale. Les moqaddemin al-hauma n’existent plus, quoique les habitants de chaque quartier se réunissent fréquemment, sous la présidence des anciens, pour réunir des collectes destinées à la construction d’un port, ou aux paiement de gardiens de nuit. La sécurité est d’autant plus difficile à assurer, en effet, qu’El-Qçar est une ville ouverte. L’ancienne enceinte, aujourd’hui détruite, englobait les jardins qui font la richesse de la ville actuelle, et qui se sont élevés sur des quartiers excentriques, à l’entrèe des jardins, pour prévenir les attaques des Djebala; et il s’est formé une nouvelle enceinte, ainsi constituée par les murs de derrière des maisons et par les portes des rues.-------- Le quartier de Bâb el-Oued se trouve avoir seize portes: |
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| - Bâb al-
Khattain - Al-Attàrin al-Bâlya - Bâb al-Khabbâz - Lalla Fatma Al-Andaloùsya - Soueiny - Mzebla - Ad-diwan - Soûq aç-çar’ir |
- Bâb al-Attârin
al-djadida - Darb al-Oulouj - Bâb al-Qaçba - Darb al-Baqar - Al-Khanzira - Sidy Aboù r-Ridâ - Djâma Boù Hadid - Al-Guezzârin |
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-------- Ach-Chari’a en a quatorze: |
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| - Bâb
Djâma as-Sa’ida - Qouz - El-Hery - Sebta - Sidy Mouhammad al Fadly - Sidy Ya’qoûb - Hammâm Sidy Ya’qoûb0 |
- Bâb
Zeneqet ed-Deban - Souaîqa - Djâma al-Hamrâ - Sidy Slimân - Hammâm Sidy al-Haddâdjy - Al-Mejoùlyin at-Tahtânya - Al-Mejoùlyin al-Fauqânya |
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-------- En dehors de ces portes, s’élève une véritable enceinte de décombres et d’immondices amoncelés depuis plusieurs siècles, et qui recouvrent de leurs monticules les anciens quartiers disparus (Cette particularité n’a rien qui étonne quiconque a voyagé en Orient, où les anciennes villes sont généralement entourées de monticules de décembre qui s’élèvent parfois très haut. Au Caire, par exemple, ces monticules forment une seconde enceinte à la ville, mais ils sont entièrement recouverts de sable fin et l’ardeur du soleil dessèche toutes les matières organiques) Ces zabâla (fumiers, ordures), s’élèvent souvent à la hauteur des minarets, et de leurs sommets on a une vue panoramique de la ville. Leur exploitation serait une source de richesse comme engrais organiques; mais le monopole en est réservé, paraît-il, par le Makhzen, pour l’extraction du phosphore sans qu'aucun travail y ait été entrepris. Au Nord, on trouve un de ces montieules près de la Hàra: mais le principal est, à l'Est, celui qu'on appelle la Grande zabàla ou zabàla Sidy Boù-Hamed, puis celui de dâr R'ailân; les zabàala de Dâr Dabbâr et de Lalla fatma, au Sud, des Haddâdin et de Moulay Ali Boù R'aleb, à l'Ouest, complètent le quadrilatère. |
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